Labos et entreprises se découvrent des atomes crochus

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Un sujet récurrent : pourquoi les laboratoires scientifiques ne collaborent-ils pas plus avec les entreprises privées ? Finalement, c’est un fait en passe de devenir un cliché sauf…en Géosciences ! Découvrez pourquoi !

Vieux serpent de mer, le décloisonnement de la recherche publique et de l’entreprise se concrétise: les structures de recherche associant le CNRS et une entreprise privée ont plus que doublé en sept ans.cnrs

« Nous tordons le cou définitivement à une idée reçue. Non seulement la recherche publique et le monde économique ne se regardent plus, loin s’en faut, en chiens de faïence, mais ils cohabitent et s’imbriquent », explique Alain Fuchs, président du Centre national de la recherche scientifique, en présentation d’une enquête récente de l’organisme public.

Les unités de recherche ou les laboratoires réunissant des équipes du CNRS et des équipes privées, où sont mutualisés les équipements et les financements, sont maintenant au nombre de 126 en France et représentent 12% des unités de recherche du CNRS.

Ces structures emploient l’équivalent de 1.609 temps-plein (60% venant du public contre 40% du monde de l’entreprise).

Avec la société de biotechnologie Abivax, les chercheurs du CNRS planchent sur le VIH, avec les laboratoires Pierre Fabre, ils étudient la biodiversité marine microbienne pour des applications en cosmétique et en cancérologie. Pionnière en la matière, l’Unité mixte de physique CNRS/Thales de Saclay, en région parisienne, est issue d’une collaboration non formelle mais très ancienne entre les deux mondes qui avait abouti à la découverte de la magnétorésistance géante et à un Nobel pour Albert Fert.

« L’intérêt des industriels pour ces partenariats est de plus en plus marqué », confirme Nicolas Castoldi, délégué général à la valorisation du CNRS.

Aujourd’hui, les rythmes d’innovation sont extrêmement rapides et demandent aux industriels de se positionner à la source des avancées pour pouvoir réagir à temps, pour pouvoir évaluer l’importance d’une découverte avant sa maturité: « Le fait d’avoir un système de recherche et de développement connecté à un système de recherche académique à son meilleur niveau devient un atout considérable » pour les industriels, juge Nicolas Castoldi.

– Sciences humaines à la traîne –

Frédéric Nguyen Van Dau, chercheur chez Thales, qui dirige cette Unité mixte de physique, met en avant « l’importance du collectif »: « On nous demande d’éclairer la route loin devant nous et d’accompagner les technologies qui s’avèrent prendre de la maturité. »

Pour Cyrile Deranlot, physicien des matériaux, qui a travaillé dans l’Unité mixte de Physique CNRS/Thales avant de quitter le CNRS pour créer sa start-up, « travailler avec des gens qui n’ont pas les mêmes objectifs permet un grand dynamisme intellectuel ».

Alors que le CNRS a récemment souligné ses besoins urgents de financements, les politiques plébiscitent également ces structures permettant de monter des projets en associant des fonds privés.

Depuis 2013, l’Etat consacre une enveloppe spéciale aux projets associant des acteurs de la recherche publique et une PME via le programme « LabCom ANR ». Certains financements européens s’accompagnent aussi d' »une forte incitation à aller vers des choses appliquées », selon Manuel Bibes, directeur de recherche CNRS à l’Unité mixte de physique, pour qui « être immergé dans une culture industrielle » est « clairement un atout ».

La proportion exacte de projets issus de telles unités mixtes ayant obtenu des financements européen ou français, par rapport à ceux issus des laboratoires entièrement publics, reste toutefois inconnue.

Reste maintenant à voir s’il est possible de généraliser ce modèle mixte, qui inspire surtout pour le moment deux secteurs industriels. Selon l’enquête du CNRS, 70% des structures communes de recherche se concentrent autour de la chimie et des sciences de l’ingénierie et des systèmes. Seuls 3% de ces unités se consacrent aux sciences humaines et sociales, 1% à l’environnement et l’écologie.

Source : AFP (Laurence COUSTAL)

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